Je crois que je m'en suis bien sorti, même si j'ai été moins impliqué qu'au match précédent, contre la République Tchèque. J'ai été bon aux rares moments où j'ai été sollicité. Je n'ai jamais pensé que les Australiens pourraient marquer, mais, en deuxième période, je ne pensais pas non plus qu'on y arriverait. On est fatigué nerveusement, surtout moi qui suis gardien et qui reste là sans bouger. J'ai repensé à 2002. Le penalty de Totti ? Je n'ai pas eu le courage de regarder, pas parce que je n'avais pas confiance en lui, mais juste parce que j'étais trop tendu. Peur de la "Panenka" ? Non, pas du tout ! Francesco est trop intelligent pour tenter le diable à un moment pareil. Est-ce qu'on pense à la grande finale ? Bien sûr qu'on y pense... Notre rêve, c'est de jouer à Berlin le 9 juillet !
Andrea Barzagli (Italie, défenseur)
Cet après-midi, j'ai vu que notre esprit d'équipe était énorme, et puis il y a eu cette grande joie pour nous tous à la fin. Au moment où Francesco Totti allait tirer, j'ai pensé qu'avec lui, il faut s'attendre à tout. J'ai ressenti une grande émotion quand le sélectionneur m'a demandé d'entrer sur la pelouse, mais il faut dépasser ça, ça fait partie du jeu. Cette victoire à la dernière minute, c'est une joie immense.
Fabio Grosso (Italie, défenseur)
Maintenant, il faut regarder devant. Je suis content de faire partie de ce groupe. J'espérais tellement qu'on marquerait avant la prolongation parce qu'à dix, je ne sais comment ça se serait fini pour nous.
Marco Materazzi (Italie, défenseur)
Je suis très déçu de ne pas pouvoir jouer le prochain match. Quand j'ai vu le regard de l'arbitre, je me suis dit que ce n'était pas la peine de protester. Je ne voulais pas compromettre encore plus la situation, et donc je me suis dirigé vers le tunnel complètement abattu, mais bon, je ne crois pas que l'arbitre se soit acharné contre nous. Cela dit, je suis très heureux du résultat et du but de Francesco Totti. Tout ce que je pouvais faire, c'était faire confiance à mes partenaires et voilà, ils ont été fantastiques. Barzagli a fait un super match, vraiment je le félicite. On était tous unis et très compacts en première période, et puis, une fois réduits à 10, on a souffert, c'était inévitable. Heureusement, Francesco a gardé son sang froid sur le penalty. De toute façon, il a très bien joué dès qu'il est entré. Notre équipe a une volonté considérable. Quand on entre sur la pelouse, on est décidé à faire notre devoir. Il faut qu'on reste unis car l'enjeu est très important. On veut aller plus loin.
Gennaro Gattuso (Italie, milieu de terrain)
C'était clair que ce ne serait pas facile contre l'Australie, on ne se faisait pas d'illusions. Ils ont une vraie bonne équipe. Sur le penalty, je n'ai rien dit de spécial à Francesco Totti. Je l'ai juste félicité parce qu'il avait une énorme responsabilité sur les épaules. Aujourd'hui, on avait tout à perdre et rien à gagner. La composition de l'équipe, Lippi ne nous l'a donnée qu'à 14 heures. Ils n'ont jamais tiré au but. On avait l'impression qu'ils ne marqueraient pas. C'est une immense satisfaction d'être dans les 8 meilleures équipes du monde après tout ce qui s'est passé dans notre pays. La Suisse ou l'Ukraine ? La Suisse est plus réaliste, j'aimerais autant l'éviter.
Francesco Totti (Italie, attaquant)
On a prouvé aujourd'hui qu'on avait la condition physique et le mental pour aller au bout. Pour obtenir des résultats, il faut en vouloir énormément et on en a voulu. À aucun moment, je n'ai pensé faire une "Panenka". Je pensais juste à marquer ; j'étais calme et concentré. Lippi est venu me voir à 14h pour m'expliquer pourquoi il m'écartait. Il n'y a pas de souci avec lui, il m'a attendu et il m'a amené jusque-là. Je respecte ses choix. En tout cas, je suis bien et je suis prêt pour les prochains matches.
Je veux dédier mon but à ma femme et à mon fils. J'ai eu une drôle de sensation au moment de tirer : j'étais détendu, mais en même temps, j'étais face à un tout petit but et à un grand gardien. Jusqu'à présent, j'ai toujours fait tout mon possible, j'ai toujours donné le maximum, et c'est sûr que ce but me fait du bien. Cela dit, ce n'est pas la plus grosse émotion de ma carrière. Cette équipe d'Italie est vraiment une belle équipe.
Alberto Gilardino (Italie, attaquant)
Il y a une vraie envie de bien faire. Les blessures et les suspensions, ce n'est pas un problème. On a un gros effectif et on est prêt à tout pour continuer notre route.
Luca Toni (Italie, attaquant)
On a fait une très bonne première mi-temps, avec 4 ou 5 occasions sans succès, mais on a eu davantage la maîtrise du ballon. En deuxième période, on était bien parti. Et puis il y a eu cette exclusion. On a couru après le ballon, mais on y croyait.
Quand je suis entré, le match a tout de suite mal tourné avec l'expulsion de Materazzi. Ça a donc été plus difficile, l'équilibre était rompu, mais en tout cas, on s'est très bien défendu. Personnellement, j'espérais gagner dans les 90 minutes, j'y ai toujours cru. Quand Totti a tiré le penalty, je n'étais pas inquiet, je savais qu'il le mettrait. On a une grande équipe, où 20 joueurs sur les 23 ont joué jusqu'à présent. Le groupe est la clé de tout. C'est une belle équipe, on veut Berlin...
(il ne savait pas si bien dire...)

